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Cet article a été porté à ma connaissance par Mariette le 31 janvier 2005. Je n'ai pas réussi à déterminer la validité des sources. Néanmoins, elles me semblent crédibles. Je joins à la fin de l'article tous les liens pour vous permettre de vous faire votre opinion. Malgré tout J'ai choisi de le publier pour deux raisons. Premièrement, la réponse semble authentique. Deuxièmement, même en admettant qu'il puisse s'agir d'un canular (cf Hoaxbuster), le texte est extrêmement intéressant, et nous amène à nous poser des questions essentielles. Certaines sources prétendent que cet article n'a pas été relaté par la presse, ce qui est faux. Il a été publié, à l’origine, dans O Globo (journal brésilien) du 10 octobre 2000, et aux États-Unis dans le New York Times du 2 novembre 2003. Soulignons, également, que cette idée d'internationalisation des réserves forestières semble ne plus être d'actualité.  M. Cristovam Buarque (Source WikiMedia) M. Cristovam Buarque est né en 1944. Il est professeur, ingénieur en mécanique, titulaire (entre autres) d'un doctorat en économie de l'Université de la Sorbonne à Paris en 1973. Tête de file du Parti des Travailleurs, il a été gouverneur d'un District Fédéral de 1995 à 1998 et ministre de l'Éducation du Brésil de janvier 2003 à janvier 2004. Il se bat pour l'alphabétisation des Brésiliens, la réforme agraire, la santé et l'emploi (ses actions). Il a présidé "University of Peace" et participé à la "Food Presidential Commission" sous l'égide des Nations Unies. Il s'est présenté aux élections présidentielles du Brésil en 2006 contre Lula où il est arrivé 4e avec 2,64 % des voix. (Source Wikipedia, lien en bas de page). C'est un texte à méditer donc, sujet à réflexion et à débat. En clair, il trouve naturellement sa place dans les colonnes de la Planète des Songes. > > Lire la suite .../...
Internationalisation de l'Amazonie
Pendant un débat dans une université aux États-Unis, le sénateur et ex-ministre de l'Éducation : Cristovam Buarque fut interrogé sur ce qu'il pensait au sujet de l'internationalisation de l'Amazonie. Le jeune étudiant américain commença sa question en affirmant qu'il espérait une réponse d'un humaniste et non d'un Brésilien. Voici la réponse de M. Cristovam Buarque.
« En effet, en tant que Brésilien, je m'élèverais tout simplement contre l'internationalisation de l'Amazonie. Quelle que soit l'insuffisance de l'attention de nos gouvernements pour ce patrimoine, il est nôtre. En tant qu'humaniste, conscient du risque de dégradation du milieu ambiant dont souffre l'Amazonie, je peux imaginer que l'Amazonie soit internationalisée, comme du reste tout ce qui a de l'importance pour toute l'humanité. Si, au nom d'une éthique humaniste, nous devions internationaliser l'Amazonie, alors nous devrions internationaliser les réserves de pétrole du monde entier. Le pétrole est aussi important pour le bien-être de l'humanité que l'Amazonie l'est pour notre avenir. Et malgré cela, les maîtres des réserves de pétrole se sentent le droit d'augmenter ou de diminuer l'extraction de pétrole, comme d'augmenter ou non son prix. De la même manière, on devrait internationaliser le capital financier des pays riches. Si l'Amazonie est une réserve pour tous les hommes, elle ne peut être brûlée par la volonté de son propriétaire, ou d'un pays. Brûler l'Amazonie, c'est aussi grave que le chômage provoqué par les décisions arbitraires des spéculateurs de l'économie globale. Nous ne pouvons pas laisser les réserves financières brûler des pays entiers pour le bon plaisir de la spéculation. Avant l'Amazonie, j'aimerai assister à l'internationalisation de tous les grands musées du monde. Le Louvre ne doit pas appartenir à la seule France. Chaque musée du monde est le gardien des plus belles oeuvres produites par le génie humain. On ne peut pas laisser ce patrimoine culturel, au même titre que le patrimoine naturel de l'Amazonie, être manipulé et détruit selon la fantaisie d'un seul propriétaire ou d'un seul pays. Il y a quelque temps, un millionnaire japonais a décidé d'enterrer avec lui le tableau d'un grand maître. Avant que cela n'arrive, il faudrait internationaliser ce tableau. Pendant que cette rencontre se déroule, les Nations unies organisent le Forum du Millénaire, mais certains Présidents de pays ont eu des difficultés pour y assister, à cause de difficultés aux frontières des États-Unis. Je crois donc qu'il faudrait que New York, lieu du siège des Nations unies, soit internationalisé. Au moins, Manhattan devrait appartenir à toute l'humanité. Comme du reste Paris, Venise, Rome, Londres, Rio de Janeiro, Brasília, Recife, chaque ville avec sa beauté particulière, et son histoire du monde devraient appartenir au monde entier. Si les États-Unis veulent internationaliser l'Amazonie, à cause du risque que fait courir le fait de la laisser entre les mains des Brésiliens, alors internationalisons aussi tout l'arsenal nucléaire des États-Unis. Ne serait-ce que par ce qu'ils sont capables d'utiliser de telles armes, ce qui provoquerait une destruction mille fois plus vaste que les déplorables incendies des forêts Brésiliennes. Au cours de leurs débats, les actuels candidats à la Présidence des États-Unis ont soutenu l'idée d'une internationalisation des réserves forestières du monde en échange d'un effacement de la dette. Commençons donc par utiliser cette dette pour s'assurer que tous les enfants du monde aient la possibilité de manger et d'aller à l'école. Internationalisons les enfants, en les traitant, où qu'ils naissent, comme un patrimoine qui mérite l'attention du monde entier. Davantage encore que l'Amazonie. Quand les dirigeants du monde traiteront les enfants pauvres du monde comme un Patrimoine de l'Humanité, ils ne les laisseront pas travailler alors qu'ils devraient aller à l'école ; ils ne les laisseront pas mourir alors qu'ils devraient vivre. En tant qu'humaniste, j'accepte de défendre l'idée d'une internationalisation du monde. Mais tant que le monde me traitera comme un Brésilien, je lutterai pour que l'Amazonie soit à nous. Et seulement à nous ! » Sources et compléments d'information : Le texte présenté en trois langues (francais, brésilien et anglais) par Ecoles Différentes : http://ecolesdifferentes.free.fr/AMAZONIE.htm Le même texte présenté par ATD Quart Monde : http://www.editionsquartmonde.org/rqm/document.php?id=929 HoaxBuster, le chasseur de canulars, s'interroge sur l'authenticité du texte : http://www.hoaxbuster.com/hoaxteam/forum_contributions.php?idForum=3152&idMess=29459 http://www.hoaxbuster.com/hoaxliste/hoax.php?idArticle=32481 Photo de M. Cristovam Buarque (Wikimedia / Agencia Brasil - License Creative Commons) : http://commons.wikimedia.org/wiki/Image:Cristovam_Buarque.jpeg Biographie en anglais de M. Cristovam Buarque sur Wikipedia : http://en.wikipedia.org/wiki/Cristovam_Buarque Un article présenté par Autres Brésils : Le désordre du Progrès par Cristovam Buarque : http://www.autresbresils.net/spip.php?article20 l'UNESCO nous propose un texte en anglais (PDF) initulé "The Seven Appeals of Education Minister Cristovam Buarque" portant sur l'université. http://portal.unesco.org/education/fr/ev.php-URL_ID=20099&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html Un article Wikipedia pour ceux qui s'intéresse à la politique au Brésil : http://fr.wikipedia.org/wiki/Politique_du_Br%C3%A9sil Merci de votre lecture et de vos commentaires. |